La coopération entre la Chine et les pays africains ne se limite plus aux échanges économiques et aux projets d’infrastructures. La défense et la sécurité occupent également une place importante dans leur partenariat. Formation des militaires, exercices conjoints, lutte contre le terrorisme et soutien aux opérations de paix : Pékin entend renforcer son engagement sur le continent, confronté à des menaces sécuritaires persistantes.
Dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), la Chine a annoncé, dans son Plan d’action de Pékin 2025-2027, plusieurs mesures destinées à consolider cette coopération. Parmi elles figurent une aide militaire de 1 milliard de yuans aux forces armées africaines, la formation de 6 000 militaires et l’invitation de 500 jeunes officiers africains en Chine. Ces engagements traduisent la volonté de Pékin de développer les échanges militaires avec ses partenaires africains, notamment en matière de formation et de renforcement des capacités.
La lutte contre le terrorisme au cœur des enjeux
Cette coopération intervient alors que plusieurs pays africains, notamment dans la région du Sahel, font face à la progression des groupes armés et à des difficultés de contrôle de leur territoire. Dans ce contexte, la formation des forces de défense et de sécurité, les échanges d’expériences et le renforcement des équipements constituent des enjeux majeurs.
La Chine affirme également soutenir les efforts africains en matière de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme. Elle participe aux opérations de maintien de la paix des Nations unies et défend le principe selon lequel les réponses aux crises doivent tenir compte des réalités propres à chaque pays.
Contrairement aux approches qui associent parfois la coopération sécuritaire à des réformes politiques, Pékin met en avant la non-ingérence dans les affaires intérieures et le respect de la souveraineté des États. Cette position rejoint la volonté de plusieurs gouvernements africains de conserver la maîtrise de leurs choix en matière de défense.
Toutefois, les engagements annoncés devront être appréciés à l’aune de leur mise en œuvre et de leurs résultats concrets sur le terrain. La formation et l’équipement des armées ne suffisent pas, à eux seuls, à résoudre les crises liées au terrorisme, à la gouvernance ou aux tensions locales.
Au-delà du renforcement des capacités militaires, l’enjeu pour les pays africains sera donc de tirer parti de ce partenariat tout en préservant leur autonomie stratégique. Pour Pékin, cette coopération constitue également un moyen de consolider ses relations avec le continent et de renforcer sa place dans les questions de sécurité internationale.
HZ
