Biodiversité : cinq nouvelles aires marines protégées en projet en Côte d’Ivoire

Journaliste
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La Côte d’Ivoire prévoit de créer cinq aires marines protégées dans le cadre de la prochaine phase du Programme-cadre de gestion des aires protégées (PCGAP 2025-2039). Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la conservation des écosystèmes et à valoriser le patrimoine naturel du pays.

La protection du patrimoine naturel ivoirien devrait connaître une nouvelle étape avec la création annoncée de cinq aires marines protégées. Les sites ciblés sont le site transfrontalier Côte d’Ivoire-Libéria, dans la zone du Cavally, la forêt classée de Dassioko, le parc national d’Azagny, un site transfrontalier entre la Côte d’Ivoire et le Ghana ainsi que les îles Ehotilés.

Ces projets s’inscrivent dans la prochaine phase du Programme-cadre de gestion des aires protégées (PCGAP 2025-2039), qui ambitionne de renforcer la protection et la valorisation des espaces naturels ivoiriens. À travers ce programme, les autorités souhaitent également faire des aires protégées des sites à fort potentiel touristique, capables de contribuer au développement économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

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En complément de ces projets, le gouvernement a engagé des mesures de réorganisation du réseau des espaces forestiers protégés. Le Conseil des ministres a ainsi adopté, le 23 septembre 2026, quatorze décrets portant redéfinition des limites de cinq agro-forêts et de neuf forêts classées.

Autre initiative déjà engagée, la création de la Réserve naturelle volontaire de la Société des caoutchoucs de Grand-Béréby (SOGB). Adopté le 9 septembre 2026 en Conseil des ministres, le décret relatif à cette réserve concerne environ 4 000 hectares répartis sur seize îlots forestiers dans le complexe agro-industriel de la société, dans la sous-préfecture de Grand-Béréby, département de San Pedro. Le site abrite notamment des espèces végétales endémiques ouest-africaines et des espèces remarquables de faune.

La production nationale de pêche, évaluée à 83 000 tonnes, ne couvre que 12 % d’une demande annuelle estimée à 700 000 tonnes, selon les chiffres communiqués par le gouvernement.

Des projets face à la dégradation des écosystèmes

Ces initiatives interviennent dans un contexte de fortes pressions sur la biodiversité. Selon les données présentées par le Portail officiel du gouvernement, 26 espèces de plantes vasculaires ont disparu des forêts ivoiriennes entre 1960 et 2002, tandis que 70 autres sont devenues rares ou menacées d’extinction. Le pays compte également 82 espèces animales menacées et plus de 60 espèces d’oiseaux concernées.

La faune emblématique est particulièrement touchée. La population d’éléphants, estimée à 100 000 individus dans les années 1960, serait tombée à une fourchette comprise entre 225 et 500 individus en 2024. Les zones humides et côtières subissent également une dégradation importante, avec plus des deux tiers du littoral affectés par l’érosion côtière.

La pression sur les ressources halieutiques constitue une autre préoccupation. La production nationale de pêche, évaluée à 83 000 tonnes, ne couvre que 12 % d’une demande annuelle estimée à 700 000 tonnes, selon les chiffres communiqués par le gouvernement.

La lutte contre l’orpaillage illégal parmi les priorités

À ces menaces s’ajoute l’orpaillage illégal, dont les conséquences affectent les forêts, les cours d’eau et les sols. Pour y faire face, les autorités ont renforcé les moyens des unités engagées dans la lutte contre cette activité. Le 30 septembre 2026, des équipements ont notamment été remis au Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal, à la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention ainsi qu’à d’autres forces mobilisées sur le terrain.

Le gouvernement prévoit également un durcissement des sanctions à travers un projet de modification du Code pénal. Les nouvelles dispositions envisagées devraient élargir les responsabilités aux commanditaires, receleurs, financiers et propriétaires des sites d’exploitation illégale.

Pour le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, la préservation de la biodiversité repose sur des actions menées à l’échelle locale, mais dont les effets contribuent à un effort global. « En agissant localement, nous contribuons à un effort global pour un avenir plus résilient, plus durable et plus prospère dans les 31 régions et les deux districts autonomes des 322 400 km² de notre grande nation », a-t-il déclaré.

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Membre depuis 2023 du Réseau régional d’aires marines protégées en Afrique de l’Ouest (RAMPAO), la Côte d’Ivoire a par ailleurs actualisé sa stratégie et son plan d’action pour la biodiversité afin de les aligner sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.

Ces différents projets et mesures traduisent la volonté des autorités de consolider le réseau national des espaces protégés et de faire de la conservation du patrimoine naturel un levier de développement durable.

HZ

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