La troisième édition de l’Abidjan Border Forum s’est achevée ce 22 octobre au Parc des Expositions d’Abidjan sur une double note : le plaidoyer de l’Allemagne pour des frontières ouvertes et sécurisées, et l’appel du gouvernement ivoirien à faire de la Déclaration d’Abidjan un cadre d’actions durables.
Devant un parterre d’invités composé de délégations africaines, de chercheurs, d’autorités préfectorales et de représentants des communautés frontalières, deux allocutions ont marqué la cérémonie de clôture.
Matthias Veltin : « L’Allemagne est le partenaire numéro un de l’UA sur les frontières »
L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, est revenu sur le sens de son engagement. Reconnaissant les réalités du terrain, le diplomate allemand a salué la qualité des discussions autour des trois piliers du forum : culture, intégration et sécurité. Il a rappelé l’évolution de l’appui allemand au Programme Frontière de l’Union Africaine.
« Au début, il semblait que la question était de faire la délimitation, la démarcation. On a vu malheureusement peu de besoins en ce qui concerne la sécurité, et on a réagi avec notre nouvelle plateforme IBM qui met beaucoup plus l’accent sur la sécurité et la stabilité », a-t-il expliqué.
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Pour le diplomate, il n’y a pas de contradiction entre intérêts des populations frontalières et impératifs de sécurité :
« Seulement si on réussit à gagner les cœurs de la population frontalière et transfrontalière, on peut gagner la sécurité à la frontière et aussi la sécurité pour les pays. Ça reste toujours l’intérêt d’avancer avec la sécurité et aussi avec l’intégration. »
Fier de ce qu’il qualifie de continuité comme « partenaire presque numéro un de l’Union Africaine pour les questions de frontières », l’ambassadeur a promis que l’Allemagne continuera et mobilisera d’autres partenaires, avec une ambition assumée : « aller toujours plus loin avec les frontières ouvertes, jusqu’à atteindre le niveau que nous avons en Europe, c’est-à-dire qu’on ne remarque pas vraiment si on passe la frontière. »
Il a félicité le Commissaire Général et la Commission Nationale des Frontières de Côte d’Ivoire pour avoir fait d’Abidjan « une grande conférence sur les questions frontalières pour le continent africain ».
Nialé Kaba : « La culture entretient les liens, l’intégration ouvre des perspectives, la sécurité les préserve »
Au nom du Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président de la Commission Nationale des Frontières, empêché, c’est la Ministre d’État Nialé Kaba, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, qui a prononcé l’allocution de clôture.

Au nom du Président Alassane Ouattara et du gouvernement, elle a exprimé « une profonde gratitude » à toutes les délégations et a remercié particulièrement le Président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, pour sa conférence inaugurale, ainsi que l’Allemagne, la Suisse, l’Union Européenne, les États-Unis et les partenaires techniques et financiers.
Reprenant la synthèse présentée par le Prof Ousmane Zina, elle a dégagé trois enseignements majeurs :
1. Le rôle de la culture dans le rapprochement des peuples et la cohésion sociale, facteur essentiel de paix.
2. La nécessité de traduire l’intégration en progrès concrets : échanges économiques, mobilité des personnes et des biens, infrastructures de proximité.
3. La contribution essentielle des populations à la sécurité et à la stabilité des frontières.
« On pourrait résumer ces enseignements en disant que la culture entretient les liens, l’intégration ouvre des perspectives et la sécurité permet de les préserver. Ces trois dimensions doivent progresser conjointement », a-t-elle résumé.
La Ministre d’État a salué la créativité mise en avant à travers les hackathons panafricains et les distinctions décernées dans la coopération transfrontalière, les médias et l’éducation.
Elle a fait de la Déclaration d’Abidjan sur les peuples frontaliers « un cadre de référence pour traduire les conclusions en actions concrètes et durables », avec pour priorités : l’amélioration des conditions de vie, la facilitation des échanges, la prévention des conflits et la gestion concertée des ressources naturelles.
Elle a appelé les collectivités territoriales à promouvoir des projets communs, le secteur privé à créer richesses et emplois dans ces espaces stratégiques, et a invité la Commission Nationale des Frontières, en concertation avec l’UA, à mettre en place un mécanisme de suivi des recommandations.
Gottentochter
