Enfant de militaire: Dans l’ombre de l’uniforme, il raconte son enfance en caserne 

Journaliste
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Entre parties de basket et règles de couvre-feu, il a grandi dans un camp militaire au rythme des affectations de ses parents. Heures d’entrée, propreté, discrétion, respect de l’autorité : une discipline qui s’invitait de la caserne jusque dans la maison. Aujourd’hui, cadre dans une société de la place, il n’a pas choisi d’être comme son père. Mais il porte jusqu’à maintenant la rigueur de ce corps de métier. Notre interviewé raconte, sous couvert de l’anonymat, son enfance dans une caserne.

C’était quoi ton quotidien dans la caserne ? Vous pouvez nous décrire une journée type?

Comme dans tous les quartiers, on se baladait dans le camp, on se rendait visite, on jouait à nos jeux favoris: le basket Ball, le football. On étudiait également. On se rencontrait entre jeunes, on s’organisait comme on pouvait.

Comment c’était de grandir entouré de militaires, d’uniformes, de règles ?

Avais-je le choix de ne pas y vivre, puisqu’il fallait suivre les parents en fonction. En plus de se conformer aux règles de la maison, il fallait se conformer également aux règles générales de la caserne (heures de sorties et d’entrées, propreté, nuisance sonore, respect, confidentialité…). On finit par s’habituer et s’adapter.

vivre dans une caserne, c’est avoir l’avantage de sentir protégé et en sécurité.

Est-ce que tu te sentais différent des enfants qui vivaient hors de la caserne ?

A vrai dire oui. Car on n’avait pas les mêmes exigences, le même sens de la rigueur, de la discipline,  de la discrétion, du respect des règles,  de l’autorité et du respect du pays, quoi que je n’étais pas militaire. Et puis vivre dans une caserne, c’est avoir l’avantage de sentir protégé et en sécurité.

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Est-ce que la rigueur militaire se ressentait aussi à la maison ?

Ooh pas vraiment,  parce que  en plus que maman n’était pas militaire, papa savait faire la part des choses entre son métier et son rôle de père. Mais après, on s’imposait nous-même des règles de discipline, de respect, d’horaire à la maison.

Quel est votre plus beau souvenir en caserne ? Et le plus difficile ?

Le souvenir de l’harmonie entre familles. Le souvenir de la proximité entre militaires et civils. Le souvenir d’une belle éducation reçue en dehors de celle de ses parents et d’expériences partagées.

Les souvenirs difficiles sont ceux des différentes attaques subies par la caserne et surtout les événements de la guerre de 2010.

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Est-ce qu’il y a eu un moment où tu as eu peur, à cause du métier de ton parent ?

Ouiiiii, lors de toutes les attaques subies par la caserne. Quand à chaque fois, on entendait que des FDS perdaient la vie en mission ou avaient certaines de leurs positions attaquées.

Quand tu disais « j’habite à la caserne », comment les gens réagissaient ?

On te voyait comme quelqu’un à ne pas provoquer, comme quelqu’un de discipliné. 

Est-ce que ça t’a donné envie de devenir militaire toi aussi, ou au contraire ?

A un moment oui, mais on s’est laissé guider par Dieu et notre destinée.

Aujourd’hui, avec du recul, qu’est-ce que cette vie t’a appris ?

Cette vie m’a appris à être rigoureux, prudent, discipliné, vrai, honnête, humble, et respecter son pays et sa hiérarchie.

Gottentochter

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