Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité le Général Vagondo Diomandé a achevé, le jeudi 15 octobre 2026, une série de consultations avec les partis politiques et les organisations de la société civile sur la future gouvernance électorale en Côte d’Ivoire. Au terme de ces échanges, le gouvernement entend faire la synthèse des propositions recueillies, tandis que le RHDP défend une démarche fondée sur les contributions des acteurs politiques et le rôle des institutions.
La réforme du système électoral ivoirien se poursuit après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), décidée en Conseil des ministres le 6 mai 2026. Dans le cadre de la réflexion sur la mise en place d’un nouveau dispositif, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a rencontré, depuis le 28 septembre, les partis et groupements politiques ainsi que les organisations de la société civile, sur instruction du Premier ministre.
À l’issue de cette série de rencontres, le ministre a indiqué que les échanges avaient permis de recueillir des propositions diverses sur l’organisation et le fonctionnement du futur système électoral. Les contributions portent notamment sur l’architecture institutionnelle du dispositif, sa composition et la place que devraient occuper les partis politiques et l’administration dans la conduite du processus électoral.
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« La diversité des contributions recueillies témoigne de l’importance que revêt la question de la gouvernance électorale pour notre pays », a-t-il déclaré, assurant que les propositions seraient fidèlement synthétisées avant d’être soumises au gouvernement. Il reviendra ensuite à ce dernier d’apprécier les orientations à retenir et les suites à donner aux différentes suggestions.
Le gouvernement envisage, selon les orientations précédemment annoncées par le Premier ministre, une architecture électorale reposant sur trois piliers : un organe chargé exclusivement de l’organisation matérielle des élections, un autre responsable du recensement des votes et une troisième structure chargée de la supervision et du contrôle de l’ensemble du processus électoral.
Le RHDP privilégie les propositions au dialogue politique
Au cours de ces consultations, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a également présenté sa contribution à la réflexion sur le futur dispositif électoral. Son représentant a expliqué que le parti avait organisé plusieurs réunions internes, notamment au sein de son comité de direction, afin de définir ses propositions.
Il a précisé que les réflexions du parti avaient porté sur les exigences auxquelles devrait répondre le nouvel organe électoral. « La crédibilité, l’inclusivité, la confiance surtout que cet organe doit inspirer », a-t-il souligné, présentant ces éléments comme des impératifs dans la conception du futur système.
Le représentant du RHDP a toutefois refusé de dévoiler le contenu des propositions de sa formation politique, estimant qu’elles étaient destinées, dans un premier temps, au gouvernement.
Il a par ailleurs insisté sur la distinction entre les responsabilités gouvernementales et l’action politique du parti au pouvoir. Selon lui, le président de la République a tenu à ce que le RHDP participe aux consultations en tant que formation politique, indépendamment de l’action des membres du gouvernement.
Interrogé sur la nécessité d’un dialogue politique autour de cette réforme, le représentant du parti présidentiel a exprimé des réserves quant à son opportunité. Sans rejeter explicitement le principe du dialogue, il a estimé que sa pertinence devait être appréciée au regard des mécanismes institutionnels déjà engagés.
« Il ne s’agit pas de refuser le dialogue, tout simplement de se poser la question de savoir quelle est son opportunité, qu’est-ce qu’il viserait, ce dialogue politique ? », a-t-il expliqué.
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Pour étayer sa position, il est revenu sur l’histoire de la mise en place d’un organe électoral indépendant en Côte d’Ivoire. Il a rappelé qu’en 1995, le Front populaire ivoirien (FPI), alors dirigé par Laurent Gbagbo, et le Rassemblement des républicains (RDR), conduit à l’époque par Djéni Kobina, avaient notamment milité pour que l’organisation des élections ne relève plus exclusivement du ministère de l’Intérieur.
Selon lui, cette revendication avait contribué à l’évolution du dispositif électoral au début des années 2000. Il a néanmoins reconnu que la confiance dans la CEI n’avait pas toujours été au rendez-vous, certains acteurs de l’opposition ayant régulièrement contesté son fonctionnement ou la neutralité de ses responsables.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a assuré que les propositions des partis politiques et de la société civile seraient transmises au gouvernement
Le représentant du RHDP estime ainsi que la dissolution de la CEI répond à une demande exprimée par une partie de la classe politique. Il considère que les propositions actuellement recueillies par le gouvernement doivent permettre de faire avancer la réforme à travers les institutions compétentes.
Les institutions appelées à prendre le relais
Au-delà des divergences sur l’opportunité d’un dialogue politique supplémentaire, la réforme entre dans une phase de synthèse des contributions. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a assuré que les propositions des partis politiques et de la société civile seraient transmises au gouvernement, qui devra déterminer les orientations à retenir.
Du côté du RHDP, le représentant du parti a évoqué la possibilité de voir les propositions traduites en textes, puis soumises à l’Assemblée nationale, présentée comme l’instance de représentation nationale. L’enjeu reste donc la mise en place d’un dispositif électoral capable de répondre aux attentes de crédibilité et de confiance exprimées par les acteurs politiques. Les prochaines étapes de la réforme devront préciser l’architecture institutionnelle retenue et les mécanismes de fonctionnement du futur système électoral ivoirien.
HZ
